Diabète en Côte d’Ivoire : une maladie silencieuse qui touche plus d’un demi-million de personnes

Plus de 529 000 adultes vivent aujourd’hui avec le diabète en Côte d’Ivoire, mais près de 8 malades sur 10 ignorent encore leur état de santé. Face à cette progression alarmante, les autorités renforcent le dépistage, facilitent l’accès à l’insuline et multiplient les actions de prévention pour freiner une maladie silencieuse qui menace des milliers de vies.
Longtemps considéré comme une maladie touchant une minorité de personnes, le diabète est aujourd’hui devenu un véritable enjeu de santé publique en Côte d’Ivoire. Chaque année, le nombre de patients augmente, souvent sans que ceux-ci ne sachent qu’ils sont atteints. Face à cette progression inquiétante, les autorités sanitaires renforcent les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge.
Pour soulager les malades et faciliter l’accès aux traitements, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures concrètes. L’une des plus importantes concerne la subvention de l’insuline, désormais disponible à 2 280 FCFA le flacon dans les établissements publics de santé. Une initiative qui permet à de nombreux patients de poursuivre leur traitement à moindre coût.
Les enfants atteints de diabète de type 1 bénéficient également d’un accompagnement particulier grâce au programme Changing Diabetes in Children (CDIC). Dans le cadre de ce projet, l’insuline, les appareils de contrôle de la glycémie ainsi que les soins médicaux sont entièrement pris en charge, offrant ainsi un véritable soutien aux familles concernées.
Afin de rapprocher les soins des populations, le gouvernement a aussi renforcé son réseau sanitaire avec plus de 38 centres anti-diabétiques implantés ou réhabilités à travers le pays. Cette décentralisation permet à davantage de patients d’accéder à un suivi médical régulier sans être contraints de parcourir de longues distances.
Malgré ces efforts, les chiffres demeurent préoccupants. Selon la Fédération internationale du diabète (FID), environ 529 200 adultes âgés de 20 à 79 ans vivaient avec cette maladie en Côte d’Ivoire en 2024, soit près de 5 % de la population adulte.
Plus inquiétant encore, près de huit personnes diabétiques sur dix ignoreraient leur état de santé. Les estimations révèlent qu’environ 416 600 personnes ne sont pas diagnostiquées, ce qui retarde leur prise en charge et augmente les risques de complications graves.
L’évolution du diabète dans le pays illustre l’ampleur du défi. Le nombre de personnes atteintes est passé d’environ 42 700 en 2000 à plus de 529 000 en 2024. Si aucune action majeure n’est entreprise pour inverser cette tendance, les projections indiquent que ce chiffre pourrait dépasser 1,28 million de cas à l’horizon 2050.
Pour éviter un tel scénario, le Programme national des maladies non transmissibles (PNMNT), avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du ministère de la Santé, multiplie les initiatives de sensibilisation. L’objectif est de lutter contre les principaux facteurs de risque tels que la sédentarité, l’alimentation déséquilibrée, le surpoids et les habitudes de vie favorisant l’apparition de maladies chroniques.
Les campagnes de dépistage, la promotion d’une alimentation plus saine et l’encouragement à la pratique régulière d’une activité physique figurent désormais parmi les priorités nationales.
Car le diabète ne se limite pas à une simple élévation du taux de sucre dans le sang. Lorsqu’il n’est pas diagnostiqué ou mal suivi, il peut provoquer de graves complications touchant les reins, les yeux, le cœur, les vaisseaux sanguins ou encore le système nerveux. Selon la FID, cette maladie serait à l’origine d’environ 5 382 décès chez les adultes de 20 à 79 ans en Côte d’Ivoire en 2024.
Avec plus d’un demi-million de personnes concernées et des centaines de milliers de cas encore ignorés, le diabète représente aujourd’hui un défi majeur pour le système de santé ivoirien. Pour les autorités, la bataille ne pourra être gagnée qu’en combinant prévention, dépistage précoce, accès aux soins et sensibilisation des populations afin de freiner durablement la progression de cette maladie silencieuse.
